Cherchant toujours pour une nouvelle intéressante, il a fallu que j’attende jusqu’à mardi dernier pour trouver quelque chose à me mettre sous la dent. Et pour une nouvelle, c’était toute une nouvelle! En première page de La Presse, on pouvait lire le titre suivant «Duceppe prépare sa sortie». À peine une heure plus tard, j’ai rallumé ma télévision et me suis aperçu que toutes les chaînes d’information contre-attaquaient l’article de La Presse en disant que cette théorie n’était fondée que sur des suppositions. Ce qui s’avérait être la primeur politique des dernières semaines, n’était seulement qu’une nouvelle sans fondement. On démentait l’article de parts et d’autres toute l’avant-midi. Le midi, on a eu droit à une entrevue exclusive de Gilles Duceppe sur les ondes de Radio-Canada par Simon Durivage. Même brand le bas de combat aux infos de 18 h et ensuite à ceux de 22 h.
Mais que disait vraiment cet article pour qu’il ébruite avec autant d’impact pendant une si courte période de temps ? En fait, tout ce que le texte dit c’est que Mr. Duceppe prépare sa sortie selon des sources provenant de son entourage. On dit aussi que certaines personnes dans les rangs des bloquistes auraient affirmé que le chef du parti n’a plus que trois ou quatre campagnes devant lui. Mais, trois ou quatre campagnes, cela ne fait-il pas un bon nombre d’années? Alors, pourquoi dire que Gilles Duceppe tire sa révérence? Bon, ne sautons pas aux conclusions, allons plutôt voir ce que dit le reste de l’article. À ma grande surprise, je me suis aperçu que le texte n’en dit pas plus sur le sujet. En fait, tous les autres points amenés ne sont qu’un historique de la vie politique de Mr. Duceppe, du parti qu’il représente, des valeurs qu’il défend et même d’autres sujets terriblement banals comme la pension annuelle qui sera accordée à l’ancien chef.
Il y a plusieurs points que je trouve problématiques concernant cet article et ce qu’il a entrainé.
Premièrement, j’ai trouvé grotesque qu’un article aussi pauvre en contenu puisse se retrouver en première page du journal La Presse alors qu’il n’y a aucune preuve valable prouvant ce qu’il avance. Aussi, le fait que Mr. Duceppe n’a pas été contacté pour confirmer les rumeurs qui circulaient. Et est-il aussi normal que l’on accorde à peine trois petits paragraphes en lien avec le titre dans un article quand celui-ci en contient presque 1000?
Deuxièmement, pourquoi fallait-il que toutes les chaînes d’informations se jettent sur la nouvelle comme si c’était des petits pains chauds? Pourquoi fallait-il si attarder si elle avait si peu de valeur? La nouvelle n’était plus que Duceppe se préparait à sortir, mais bien que le journal La Presse avait écrit un article qui s’avérait être faux. Toute la journée, les chaînes nous bombardaient les mêmes informations, commentaires, entrevues, etc. N’était-il pas plus simple de démentir l’article du journal en quelques petits mots et de passer aux choses suivantes plutôt que d’en parler pendant une éternité? Qu’elle était le but visé par les médias? Reprendre une nouvelle sans valeur pour en refaire une autre? Alors que l’on aurait pu avoir des nouvelles de qualités, ceux-ci s’acharnaient sur le pauvre article de Mr. Bellavance du journal La Presse.
Troisièmement, j’ai trouvé surprenant le peu de temps que la télévision et l’internet ont mis pour répondre à la nouvelle du journal La Presse. Mais, j’ai été encore plus été étonné de l’éternité qu’a prit le site de La Presse à mettre à jour son site internet. En effet, alors que des réseaux comme LCN avaient contre-attaqué l’article à 8 h 36 précisément sur leur site internet, il a fallu attendre jusqu’à 13 h 09 pour voir l’ombre d’une réaction de la part de Cyberpresse concernant l’erreur qu’ils avaient publié au petit matin. Effectivement, à 13 h 01 précis, on pouvait encore lire en première page du site l’article qui avait été démenti pendant toute l’avant-midi. Peut-on permettre à un aussi grand média d’émettre des conneries pendant un aussi long moment?
Je voudrais conclure en disant que ce n’était pas nécessairement le contenu de la nouvelle qui était pour moi un problème, mais ce qu’elle a entrainé chez la concurrence. Si je cherche à être informé dans les journaux, à la télévision ou sur l’internet, ce n’est pas pour avoir de la fausse information et encore moins pour me faire rappeler la journée entière que la nouvelle que j’ai lue ce matin dans La Presse était effectivement fausse.
