Lunch Time!

Si vous avez cru que « Existenz  » pouvait être un film qui nous présente une histoire déconstruite dans laquelle une aliénation se produit chez le personnage au sein d’un monde qui est à la fois réalité et imaginaire, c’est que vous n’avez pas encore vu « Naked Lunch (Le Festin nu) ».  Ce film, du même scénariste et réalisateur, nous plonge dans les années 50, alors qu’un exterminateur de parasites résidentiels de New York se retrouve confronté à ses hallucinations causées par sa consommation excessive d’insecticide.  Alors qu’il est arrêté par la police, celui-ci fait la rencontre d’un énorme cafard qui le recrute dans son agence, complotant l’assassina de sa femme.  Après avoir réussi sa mission, il s’exile dans un endroit que l’on appelle l’Inter-Zone, genre de monde parallèle, se situant en Afrique du Nord, où la drogue, l’homosexualité et l’irréalité sont au rendez-vous.  Dès son arrivée, il commence à fraterniser avec sa machine à écrire, transformée en coquerelle sur laquelle il tape ses rapports avec une perversion démesurée, voire sadomasochiste.  À partir de ces rapports, il recommencera l’écriture de son live intitulé « Naked Lunch ».     21831.jpg

Dans ce film où on ne voit plus la différence entre le réel et l’hallucination, plus l’histoire avance, moins il est possible de rester rationnellement captif au récit.  Les excès de drogues du personnage principal le transportent où la fiction côtoie la réalité, laissant le spectateur complètement abandonné dans son incompréhension.  Étrangement, Bill Len, le personnage principal, ne semble en aucun moment troublé par ses hallucinations délirantes.  Comme il le dit si bien au début du récit : « exterminez toute pensée rationnelle ».  Comme dans « Existenz  », Cronenburg joue beaucoup avec l’aliénation du personnage envers la machine entraînant une relation affective très intime et souvent sexuellement explicite avec celle-ci.  Avec sa consommation abusive de drogue, le réalisateur démontre le détachement du personnage au réel et la transformation identitaire de celui-ci.  Enfin, dans l’univers fictif de « Naked Lunch », qui pourrait être uniquement le fruit de l’imagination du personnage dans sa création artistique du même nom, le spectateur a le devoir de faire sa propre interprétation du film s’il ne veut pas tomber dans la folie.

~ par remiadamricher le Mardi 4 décembre 2007.

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