Critique ou business?

The Cable Guy, la comédie que presque tout le monde a déjà vue.  Et pourquoi pas?!  Je me suis dit que ce n’était pas nécessaire de commenter une œuvre récente et en plus, je me suis vite rendu compte que ce film était encore d’actualité même s’il date de plus de dix ans. 

Ce film raconte l’histoire de Chip Douglas (Jim Carry), un installateur de câble télévisé, à partir du point de vue de Steven Kovacs (Matthew Broderick), un entrepreneur qui vient de se faire flanquer à la porte par sa copine.  Les deux personnages entrent en relation au début du récit et on ne perd pas de temps à déceler le personnage de Chip.  Celui-ci est un être qui souffre de solitude et de manque d’attention sévère, complètement obsédé par l’univers télévisuel et cinématographique.  Il incarne une vraie caricature, parodie, de personnages de films et d’émissions de télévision populaires.  En parallèle à l’histoire, nous sommes témoins du procès concernant les frères Sweet (Ben Stiller) qui est télédiffusé à travers le monde et très important à la finale du film. Même si je ne suis pas un grand fan de comédies, j’ai toujours aimé ce film par le côté sombre et psychotique du Chip Douglas.  Un autre élément serait aussi la morale peu subtile que le film veut nous inculquer. 

Même si le personnage de Chip est très exagéré, voire le paroxysme de la parodie, il exprime une réalité, qui elle, est bel et bien présente dans notre société.  Le phénomène de l’enfant élevé par la télévision n’est pas nouveau et encore plus présent aujourd’hui avec les développements des nouveaux médias comme les jeux vidéos ou l’internet et le fait que les parents ont une vie professionnelle qui requiert plus d’investissement.  Les médias de masse sont devenus les véhicules de valeurs les plus présents dans le développement de l’enfance et cela peut amener de sérieuses conséquences comme on voit présentement avec la relation faite entre le cybersexe et l’hyper sexualisation des jeunes.  Qui nous dit vraiment que les valeurs qui nous tiennent à cœur et envers lesquelles nous croyons ne sont pas, en partie, reliées à ce qui nous a été inculqué à la télévision durant notre jeunesse? 

Malgré que le film soit une critique de la consommation abusive des médias de masse par le public, il ne faut pas oublier qu’il est avant tout une œuvre commerciale.  Le but premier du film n’est pas de faire la critique de quoi que ce soit, mais de faire de l’argent.  Après tout, qu’est-ce qui nous dit que de s’attaquer à l’univers télévisuel ne pourrait pas engendrer une plus grande popularité au film?  Et, si l’idée d’avoir un concept choquant, qui critique le système, pouvait permettre d’amener un public plus large grâce à son apparence d’innovatrice et marginal.  L’aspect critique qu’a souvent le cinéma envers les problèmes sociaux, culturels et politiques est-il uniquement une stratégie commerciale pour mousser les ventes?


~ par remiadamricher le Lundi 15 octobre 2007.

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