Dans ce documentaire, le Canadien Edward Burtynski nous ramène des images du bout du monde, là où les usines, les manufactures et les ports maritimes se répandent à une vitesse ahurissante, telles de mauvaises herbes dans un jardin. Anciennement photographe de beautés naturelles, il s’est tourné vers la photographie d’environnements industriels et urbains, en particulier sur le territoire chinois où les répercutions de la mondialisation se font le plus ressentir. À partir de clichés tout à fait remarquables, il nous montre à quel point les produits de consommation et leur production massive ont transformé le sens du mot paysage tel que nous le connaissons. En se rendant en plein cœur de cette révolution industrielle asiatique, Burtynski nous montre l’ampleur grandiose de la production chinoise destinée aux pays du reste du monde, mais aussi la quantité faramineuse de déchets qui reviennent au pays pour y être transformé, souvent dangereux pour la santé et l’environnement.
Du point de vue artistique, ce documentaire est une vraie œuvre d’art par les photos et images vidéo qu’il contient, chargées de couleurs et d’émotions. Il est fascinant de voir à quel point ce photographe a réussi à transformer une réalité banalisée en quelque chose d’esthétique et fort part ce qu’il véhicule comme message. On sait tous que la Chine s’est transformée en « cartier industriel de toute la planète », qu’ils sont des centaines de millions et qu’ils progressent à une vitesse folle dans leur développement, mais savons-nous vraiment à quel niveau? Et bien, après avoir vu ce film, je sais… du moins, un peu mieux! On dit qu’une image vaut mille mots, celles de ce photographe en valent beaucoup plus. Ce que j’ai aussi trouvé surprenant c’est que ce documentaire n’est presque pas narratif et que Burtynski ne prend parole qu’à quelques endroits. Finalement, les images dans ce film parlent par elle-même et je crois qu’il faut le voir pour vraiment saisir l’ampleur de ce qu’il veut démontrer. On pourrait résumer le documentaire ainsi : les paysages de la nature maintenant transformées pour le bien du progrès en de vulgaires bâtiments monotones d’où s’échappent massivement des produits qui à leur tour prendront place dans le décor.




